Le REMDUS est outré par les propos tenus par le juge Dumas


Sherbrooke, mardi 24 avril 2012 –

 

Le Regroupement des étudiantes et des étudiants de maîtrise, de diplôme et de doctorat de l’Université de Sherbrooke (REMDUS) a pris connaissance avec consternation des propos qui ont été tenus hier par le juge Dumas et qui ont été rapportés par le journal La Tribune.

Durant l’audition de la requête des étudiants du cégep de Sherbrooke, hier, le juge a notamment dit que l’Université doit respecter l’injonction visant la reprise des cours. Le juge a répété que : « Il est inscrit dans l’injonction de donner des cours de façon normale. Il n’y a rien de plus clair que ça. » Alors que certaines facultés de l’Université sont toujours en grève, il est irréaliste de demander à ce que la situation revienne à la normale aussi rapidement. « Au REMDUS, nous essayons de calmer le jeu pour que la situation ne dégénère pas sur le campus. Toutefois, avec ce qui se passe en ce moment à Montréal et en Outaouais, le juge prouve, en faisant cette demande, qu’il est complètement déconnecté de la réalité », explique Charles Tessier, président du REMDUS.

À la suite de l’injonction, les professeurs qui sont retournés en classe ont reçu la directive de l’Université de faire de la révision de la matière. À ce propos, le juge Dumas a ajouté en salle d’audience que : « Si des universitaires ne comprennent pas ce que ça veut dire [l'injonction], c’est inquiétant pour ceux qui suivent leurs cours. » Ces propos venant d’un juge de la Cour supérieure du Québec sont tout simplement inacceptables selon le REMDUS. « Pendant que nous essayons de calmer les troupes, le juge Dumas jette de l’huile sur le feu avec de telles affirmations. La situation est déjà extrêmement tendue et les étudiants qui protestent contre la hausse des frais de scolarité n’ont pas l’impression de se faire écouter depuis le début du conflit. Il est assuré que ces propos vont choqués les étudiants en grève », déplore Charles Tessier.

Le REMDUS a également pris connaissance avec déception de la requête en outrage au tribunal contre l’Université de Sherbrooke. «La judiciarisation du conflit sur la hausse des frais de scolarité ne fait qu’envenimer la situation actuelle. C’est désolant, autant pour la démocratie étudiante que pour la démocratie en générale. L’éducation, et conséquemment la hausse des frais de scolarité, est un enjeu de société dont le sort ne devrait pas se décider au tribunal, mais par le dialogue entre les citoyens, les étudiants et le gouvernement », ajoute Charles Tessier.

Malgré la situation actuelle déplorable, le REMDUS invite ses membres à ne pas user de violence ou d’intimidation.